Serigne Ahmadou Badaoui Mbacké nous reçoit dans son salon sous l’autorité de son père Serigne Fallou Mbacké. Cette précision pourrait être superflue pour certains car à le voir on se rend compte que le fils est le portrait craché de son père. Toutefois, celui qui reçoit REUSSIR cet après-midi a d’autres facettes qui pourraient surprendre plus d’un. Il a décroché une Maîtrise en Comptabilité et Gestion à la faculté de Commerce et d’Economie de l’Université du Caire avant d’étudier à la prestigieuse Sorbone de Paris les mutations structurelles et les politiques de développement. Une expérience et une expertise qu’il a mis au service du Sénégal en promouvant l’eau minérale Aïnou.

Comment appréciez-vous la dimension économique qu’a pris le Magal de Touba qui a maintenant dépassé le cadre des frontières du Sénégal ?
Il n’est pas chose aisée de quantifier la dimension économique du Magal vu que chacun, de son côté, œuvre dans une activité de son domaine. Mais toutefois, on se rend compte qu’à chaque fois que les pèlerins migrent vers la sainte Ville, ils boostent les activités économiques dans la mesure où le transport, les activités commerciales connaissent un regain de hausse dans l’économie locale. Et mieux cette dimension économique a aujourd’hui même le trafic aérien étranger avec l’arrivée massive des fidèles des quatre coins du monde. Pour exemple, en Europe les billets d’avions sont réduits au moment du Magal pour permettre aux fidèles de pouvoir venir célébrer le Magal.
Pouvez-vous nous parler de votre entreprise Touba Agro-Industrie?
L’idée du projet existait déjà et cela fait maintenant une vingtaine d’année que je pensais à créer quelque chose à Touba pour soutenir l’emploi et l’investissement. La réalisation effective date tout juste d’une année, précisément le Magal précédent (2015) et en réalité. C’était même une phase test pour nous.
Néanmoins, Touba Agro-industrie est une entreprise qui s’active sur la distribution de l’eau potable. D’abord pour le choix du nom Aïnou c’est en référence au Vénéré Cheikh qui, de son vivant avait fait creuser un puits et l’avait baptisé Aïnou Rahmati. C’est ainsi que lorsqu’il s’est agi pour nous de monter une entreprise de distribution d’eau, nous avons jugé pertinent de reprendre le choix pris par Serigne Touba lui-même à son époque pour quérir de la bénédiction de ce nom pour lequel le Cheikh avait prié son Seigneur dans ses poèmes afin d’obtenir à l’image de Zam-Zam à la Mecque.
Comment se comporte l’entreprise depuis sa création ?
A vrai dire c’est avec beaucoup de difficultés que nous avons démarré nos activités mais l’objectif c’était de lancer le produit à travers le Magal pour que les fidèles aient un aperçu sur notre produit. D’ailleurs juste après le Magal nous sommes restés six mois sans activité. Mais depuis maintenant sept mois la courbe est entrain de changer et les populations commencent à mieux connaitre notre produit et s’en approprie largement dans la ville. Il arrive même que les stocks soient épuisés et que les clients en cherchent à travers la ville.
En termes de chiffres pouvez-vous nous dire combien d’emplois directs et indirects vous faîtes avec Touba Agro-Industrie ?
Nous avons une cinquantaine d’employés fixes et parfois plus. Quant aux emplois indirects rien qu’au niveau de Touba je puis dire que nous en sommes à un millier parce que la chaine de distribution fait qu’un grand nombre de gens en bénéficient. Des grossistes aux détaillants en passant par les revendeurs. Vous savez Touba est une ville de commerce où presque tout le monde est commerçant.
Pourquoi un Sénégalais ordinaire achèterez votre produit, plutôt qu’un autre sur le marché ? C’est quoi votre différence ?
Notre démarche Marketing diffère des autres entreprises pour la simple et bonne raison que nous sommes davantage animés par un souci de foi pour la ville vu qu’elle faisait face à un manque criard d’eau potable. Et notre motivation dans la création de cette entreprise était plus liée à un engagement fort de notre part à lutter contre ce fléau. C’est ça la grande différence. Maintenant, c’est vrai lorsque nous avons voulu mettre en place l’entreprise, nous avons collaboré avec le ministère de l’hydraulique L’ITA pour trouver une zone hydrique propice à l’implantation de cette entreprise. C’est ainsi que le site Touba Bogué a été retenu parmi onze sites présélectionnés au départ. L’autre motivation c’est aussi en tant que Talibé de Serigne Touba, le travail est un sacerdoce pour tout Aspirant combiné au culte et la quête du savoir. C’est pourquoi cette entreprise n’a pas de but lucratif pour nous mais de participer à résoudre les problèmes d’eau potable au sein de la Ville en application aux préceptes du Cheikh pour qui, tout Aspirant doit travailler et essayer de gagner sa vie par soi-même. C’est pourquoi notre objectif est de faire en sorte que l’eau soit partout disponible et à bas prix et même si nous pouvions ne pas la monnayer nous le ferions.
Quel regard portez-vous sur le défaut d’assainissement que vit la ville de Touba ?
Vous savez l’Assainissement est une question majeure que seul un Etat peut endosser à défaut il pourrait soutenir les privés à pouvoir mener cette question cruciale en les facilitant des partenariats étrangers. Serigne Saliou Mbacké de son vivant avait beaucoup œuvré sur cette question de l’Assainissement mais vous comprendrez aisément à lui seul il ne pouvait résoudre ce problème. Mais à côté de ce problème il y a aussi le problème de potabilité des eaux dans les foyers qui reste un problème entier à Touba.
Touba est qualifiée de deuxième ville du Sénégal et pôle économique de premier plan, comment analysez-vous cette mutation soulignée par la présence de toutes les institutions financières à Touba ?
Cette recrudescence des institutions financières à Touba ne saurait étonner car le Cheikh avait déjà demandé son Seigneur de lui accordé la Bénédiction des six directions toutes convergeant vers Touba (les quatre points cardinaux ainsi que le Ciel et le Sous-sol). Et pour comprendre cette présence massive de la dynamique économique de la ville il faut se référer au projet de Société de Serigne Touba ainsi décliné dans Matlaboul Fawzayni où il a demandé Allah de lui accordé Assainissement, Sécurité et Emergence pour sa Ville. C’est pourquoi la ville n’a pas encore atteint son paroxysme vu qu’Allah a exaucé les prières du Cheikh reste simplement des gens pour les matérialiser.
Encadré Zone économique spéciale
La zone industrielle était un projet de Serigne Saliou Mbacké pour qui la ville avait besoin d’une telle place étant entendu que les populations augmentaient de plus en plus. Vous savez lui, dans sa grande magnanimité octroyait beaucoup de terres à ceux-là qui venaient en demander auprès de lui. C’est suite à ces nombreuses demandes qu’il a lui-même décidé d’aménager une zone industrielle pour qu’enfin les populations puissent bénéficier d’un espace d’activités économiques vu que les demandes étaient fortes et qu’il ne pouvait pas ne pas satisfaire les demandes des fidèles dans sa grande générosité. Cette zone occupe une superficie de 300 ha avec environs une probabilité de 40 000 personnes pouvant y travailler. Et ceci tous les domaines y compris du mécanicien aux industriels prenant compte aussi des spécificités de chaque domaine d’activité.
Le projet connait quelques difficultés c’est vrai depuis la pose de la première pierre en 2011 mais sous peu les travaux vont reprendre avec nos partenaires étrangers notamment Abu Dhabi. L’ancien Président Me Abdoulaye WADE avait viabilisé la zone en titre foncier et honnêtement aussi l’actuel Président Macky lui aussi a joué sa partition en signant le décret d’application pour la zone.
La première phase du projet s’élève à 11 MILLIARDS mais nous comptons bien augmenter parce que nous procédons par étapes et c’est moi qui suis en charge dudit projet.
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